Crédit photo : Aurélie Pergay
Rencontre Avec

Aurélie Pergay

Le "beau blanc" de la manufacture Jacques Pergay

Blancheur, pureté et volupté. Aurélie Pergay est l’héritière de  la  Manufacture Jacques Pergay, fondée il y a 25 ans, et où l’on recherche la perfection absolue de la porcelaine faite à la main. Elle attache beaucoup d’importance à ce que la porcelaine de Limoges soit perçue comme un élément fort du patrimoine français. 

Rencontre avec l’ancienne responsable marketing et architecte d’intérieur qui a décidé de rejoindre l’usine et ses ateliers limougeauds pour cocréer les pièces et les voir se transformer.

Tout a commencé par une petite boîte blanche. Il y a 25 ans, la Manufacture de Jacques Pergay, son fondateur, fabriquait des boîtes à pilules pour le marché italien.

Dans l’obligation de se renouveler face aux nouvelles exigences du marché, il décide de réaliser du décor sur porcelaine avant de développer ses propres modèles aux formes que la nature dessine : feuilles de bananes, fleur de lotus.

Beau blanc et porcelaine fine

Le blanc de la porcelaine, célèbre pour son épuration difficile, est devenu, au fil du temps, la marque de fabrique de la Maison Pergay. « Lorsque l’on travaille la porcelaine, on sait qu’un blanc très pur est difficile à obtenir. Les dessins apposés servaient surtout à masquer les imperfections de la porcelaine. »

La quête de ce « beau blanc » devient l’un des axes majeurs du développement de la Manufacture.

Nous travaillons sur la qualité de la finesse de nos porcelaines pour toucher l’excellence par la pureté des formes et par nos blancs.

Aurélie Pergay

Mais pour atteindre un tel niveau d’excellence, rien n’est laissé au hasard. « Toutes les étapes de fabrication sont intégrées à notre usine et soutenues par les 8 personnes qui y travaillent : modelage, coulage, finition, cuisson du dégourdi, émaillage, cuisson de l’émail et du décor ».

Crédit photo : Jacques Pergay

De la constance de la porcelaine au mouvement créatif

Si les processus de fabrication artisanale sont constants, la Manufacture souhaite prendre de nouvelles orientations pour septembre 2018. « Nous avons décidé de fabriquer des assiettes en y apposant du décor pour nos clients situés aux Emirats et en Russie, ces derniers étant moins sensibles à la porcelaine fine, comme pourraient l’être notre clientèle asiatique »
Alors, lorsque la Maison Jacques Pergay propose ses pièces en Chine ou en Corée, elles sont particulièrement appréciées pour leur blancheur immaculée et leur finesse.
Cependant, la diversification n’est pas synonyme de croissance. « Nous diversifier n’implique pas de devenir un gros fabricant. Nos savoir-faire en pâtiraient. »

Regards lumineux sur les Arts de la Table 

Selon Aurélie Pergay, « il n’y a jamais eu autant de lumière portée sur les arts de la table, ni d’intérêt de la part du grand public pour la cuisine ou l’art de présenter de belles tables. »
Elle regrette cependant qu’aussi « peu d’individus perçoivent le détail des méthodes de fabrication tant il y a d’offres sur le marché. A Limoges, la créativité, le savoir-faire et la réputation sont des atouts qui permettent de se distinguer. Ce sont des gages d’authenticité qui traversent les âges, les modes et éduquent les publics, aussi ».

Crédits photos : Jacques Pergay

Des labels mérités

Ce travail de longue haleine a payé puisque l’entreprise possède deux labels d’exception : celui d’Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) et le récent Indication Géographique (IG).
« La porcelaine française mérite d’être reconnue et doit être protégée par une action commune ; cela peut passer par le fait d’acheter français, par exemple ».
La réputation de la porcelaine de Limoges, quant à elle, existe depuis le 18ème siècle et fait partie de notre histoire, tout comme en Chine, au Japon, où elle est protégée.
Si nous valorisons l’exception culturelle française pour le cinéma, nous pouvons aussi le faire pour la porcelaine, non ? »

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