Crédit photo : Coutellerie Claude Dozorme
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Claudine Dozorme

PDG de la société Claude Dozorme : « L'Artisanat ne perdra jamais son âme à vouloir se moderniser »

Cela fait 114 ans que la société Claude Dozorme existe et malgré cet âge avancé, la modernité est présente un peu partout dans les étapes de confection de leurs couteaux. En effet, pour Claudine Dozorme, gérante de la Maison, « le savoir-faire ne doit jamais être abandonné, mais enrichi », notamment grâce aux technologies qui soulagent l’homme des étapes de production lourdes ou dangereuses. « Avant, l’émouture (l’affinage de la lame) se faisait allongé sur le ventre, à la force de la main ; les artisans, qu’on appelait alors les « ventres jaunes », travaillaient entre flammes et glace, sur une meule entrainée par le courant de la Durolle ».

Aujourd’hui, cette étape est réalisée grâce à des meules synthétiques équipées de capteurs qui mesurent leur propre niveau d’usure. Arrivée à la tête de l’entreprise dans les années 1990, elle a été, aux côtés de son père, la première à adopter la découpe numérique en France. «  Avant, nos lames étaient découpées à partir d’emporte-pièces que l’on posait sur des barres en acier. Maintenant, nos fournisseurs nous livrent des plaques en acier, ce qui rend la découpe plus précise et de meilleure qualité. On a aussi le choix dans la forme des lames et des aciers. »

La maison Dozorme permet avant tout à ses artisans de se consacrer aux tâches à valeur ajoutée : « Nous utilisons la technologie pour les étapes lourdes et nous externalisons certaines étapes sur les bassins Thiernois, comme le trempage thermique des lames. Nos artisans gagnent du temps et peuvent se consacrer aux étapes de finitions et d’embellissement, comme le guillochage, le façonnage, le lustrage. Ce sont des opérations pour lesquelles la main de l’homme est indispensable. »

Crédit photo : Coutellerie Claude Dozorme

«Il ne faut pas avoir peur de donner de la valeur ajoutée aux produits »

Comme le dit Claudine Dozorme, « le vrai consommateur c’est le client final. Il faut le séduire, l’intéresser, et surtout ne pas avoir peur de donner de la valeur ajoutée aux produits ». Alors pour trouver le bon équilibre entre originalité et qualité, « nous prenons le parti de proposer des couteaux aux formes et aux matériaux riches et variés ». Molaire de mammouth, ébène, bakélite, carbone, teck, ou encore acier de damas, Claudine Dozorme n’a pas peur d’innover en utilisant des matériaux atypiques ou précieux. L’entreprise familiale de 18 salariés a d’ailleurs fait appel à Thomas Bastide, designer de renom, pour la création d’une série de couteaux de table asymétriques et désormais adoptés par quelques étoilés Michelin.

Crédit photo : Coutellerie Claude Dozorme

Un savoir-faire au service de ses clients

« Nos cibles sont larges et nous imaginons des couteaux accessibles à tous », comme le démontrent les séries de couteaux consacrées à Paris, aux hipsters, aux chasseurs, aux pêcheurs ou encore aux femmes, avec des strass incrustés dans des manches en bois précieux. Avec ses trois boutiques, l’entreprise reste proche et à l’écoute de ses clients : « Nous croyons en la modernisation. Nous communiquons aussi via les réseaux sociaux, mais nous ne perdons jamais de vue que le client a besoin de toucher le produit, de le saisir pour se l’approprier ». Finalement, « L’artisanat ne perdra jamais son âme à vouloir utiliser des techniques plus modernes. Au contraire, elles subliment et font perdurer un savoir-faire ancestral ».

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