Crédit photo : Capucine de Chocqueuse, Rockmyworld Photography
Rencontre Avec

Joséphine Ponsolle

Fondatrice de nous « Faire le lien entre des artisans qui défendent des savoir-faire et des amateurs d’objets qui ont une âme »

Dénicheuse d’objets qui réenchantent notre quotidien, Joséphine Ponsolle a fondé nous, un collectif entre boutique et magazine, qui met en lumière des créateurs qui perpétuent une tradition artisanale et un savoir-faire. Rencontre.

Dénicheuse d’objets qui réenchantent notre quotidien, Joséphine Ponsolle a fondé nous, un collectif entre boutique et magazine, qui met en lumière des créateurs qui perpétuent une tradition artisanale et un savoir-faire. Rencontre.

Comment est née l’aventure Nous ?

De ma fascination pour toutes ces personnes qui créent des choses de leurs mains, qu’ils soient fabricants ou artisans. Assister étape par étape à la réalisation d’un objet issu d’un savoir-faire ou d’une tradition manufacturière à partir d’un dessin m’émerveille. A un moment donné, j’ai eu envie de mener un projet personnel qui défendrait des savoir-faire et de promouvoir des artisans finalement peu visibles, en montrant leur travail et en racontant leurs histoires. J’ai eu envie de montrer l’origine de la création d’un objet. C’était important dans mon projet de proposer une expérience humaine en présentant les objets mais également les artisans et de mettre en lumière l’énergie créatrice que l’on retrouve derrière chaque objet. Nous c’est à la fois un e-shop, un magazine qui invite à rencontrer des artisans du monde entier mais également une boutique parisienne pour dénicher des céramiques, de l’art de la table ou des objets déco.

Pourtant rien ne vous prédestinait à travailler dans l’artisanat ? 

Mon métier dans la finance n’était pas vraiment épanouissant mais j’ai eu la chance d’exercer à Copenhague qui est à la pointe de la création, du design et même de la gastronomie et qui cultive un certain savoir-vivre [lien vers la page Hype du prochain site]. C’est là que j’ai rencontré la joaillière Sophie Bille Brahe qui lançait sa marque. Cela a été le déclic pour moi, avec l’envie de développer ce concept de Nous, en accompagnant la création et participer à son développement.

 

Crédit photo : Capucine de Chocqueuse, Rockmyworld Photography

Comment sélectionnez-vous les artisans avec lesquels vous travaillez ?

Le premier critère de sélection c’est le processus de fabrication, on ne travaille qu’avec des purs artisans ou des manufactures qui représentent une tradition artisanale ou un savoir-faire. Il faut juste que ça me plaise, je fonctionne beaucoup au coup de cœur.

Pourquoi est-ce important que les objets du quotidien racontent une histoire ?

Quand on prend son café dans une tasse en terracotta d’Atsonios Sifnos, qui perpétue la tradition potière initiée dans sa famille depuis trois générations dans les Cyclades ou dans une tasse signée Les Guimards, céramistes bourguignons qui revisitent les classiques de la poterie de grès, forcément l’objet nous raconte une histoire. Quand on prépare un bon repas et qu’on le sert dans une assiette qui a été fabriquée à la main au Japon ou dessinée par une céramiste designer en France, ça change vraiment toute l’expérience de ces moments de quotidien.
Moi qui adore manger et pour qui la culture du repas est très présente, comme dans de nombreuses familles françaises d’ailleurs, les arts de la table véhiculent des valeurs de convivialité, de partage, de joie et de plaisir. C’était important pour moi de mener un projet qui porte ces valeurs qui me tiennent à cœur, qui apporte un peu de positif dans le quotidien, même à une toute petite échelle. Il y a un lien très humain qui se tisse autour des arts de la table. Nous fait le lien entre des artisans qui défendent quelque chose qui les passionne et des amateurs d’objets qui ont une âme, on apporte un peu de joie à leur table.

Vous proposez également aux professionnels des créations sur-mesure ?

Nous avons travaillé avec des chefs pour des petits projets et des propriétaires d’établissements pour des projets de plus grande ampleur. Nous nous sommes notamment occupés de la vaisselle de l’hôtel parisien Grands Boulevards, c’était génial de faire participer des petits artisans à cet énorme projet. L’hôtel a choisi des pièces de notre sélection, mais il y a aussi des objets que l’on a créé ensemble. Nous avons également élaboré de petits pots à bouillon pour le restaurant Bouillon.

« Et dans tout cet appel à la lenteur, il n’y a rien de plus immuable et d’essentiel que la terre »
Joséphine Ponsolle

 

Comment expliquez-vous cet engouement croissant pour la céramique artisanale ?

La céramique a cette caractéristique très particulière de travailler la terre. Et dans tout cet appel à la lenteur, il n’y a rien de plus immuable et d’essentiel que la terre. En discutant avec les céramistes on se rend compte qu’il y a ce rapport à la matière première qui est très fort.

On fabrique des pots en terre depuis la nuit des temps, il y a donc cette dimension de retour aux sources. En parallèle, les modes de consommation évoluent avec un intérêt accru pour l’origine des objets. Et puis cela passe également par une culture de la gastronomie qui revient aux bons produits, pas trop travaillés. Cette cuisine-là trouve un certain écho dans notre sélection d’art de la table.

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