Nicolas Marischael
Crédit photo : Felipe Ribon
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Nicolas Marischael, une affaire de famille

Une orfèvrerie d’exception qui se raconte de père en fils

Entreprise d’orfèvrerie parisienne réputée, voilà près d’un siècle que la Maison Marischael fabrique et restaure des pièces d’exception. Orfèvre, expert et créateur, Nicolas Marischael ouvre aujourd’hui une nouvelle page des arts de la table en mettant son savoir-faire au service du design.

L’histoire de la Maison Marischael débute en 1932 lorsque Edouard, le grand-père, installe son propre atelier d’orfèvrerie dans le Marais, quartier historique de l’artisanat parisien. Il y fabrique des couverts à façon et se spécialise dans la fabrication de couverts en argent. Lorsque son fils René lui succède, il ajoute à la fabrication la restauration d’argenterie, tandis que Nicolas, qui a aujourd’hui repris le flambeau, développe un département de créations d’argenterie contemporaine design. De père en fils, la Maison Marischael n’a cessé d’élargir ses savoir-faire, enrichis à chaque génération.

A travers trois générations, nous avons privilégié le capital de l’entreprise.

Nicolas Marischael
Crédit photo : Felipe Ribon

Incarnant la troisième génération de cette famille d’orfèvres parisiens, Nicolas intègre l’atelier familial de la rue de Saintonge en 1981 afin d’entamer son apprentissage. Il reçoit une formation complète auprès des plus grands spécialistes de chaque discipline : ciselure, planage, soudure à la forge, retreinte, gravure… L’orfèvrerie compte de nombreux métiers que le jeune apprenti entend bien maîtriser. Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin et décroche en passant un diplôme de gemmologie à l’Institut National de Gemmologie et suit des cours d’Histoire de l’Art à l’Ecole du Louvre afin de parfaire ses connaissances générales artistiques.

Le double héritage Marischael

Fort de ce solide apprentissage, Nicolas Marischael reprend les rênes de la Maison Marischael à 28 ans, et se donne pour mission de perpétuer son héritage familial. Un héritage double constitué à la fois d’un savoir-faire d’excellence mais également d’un trésor, une collection d’outils aussi rares que précieux, dont la plupart sont aujourd’hui introuvables. « A travers trois générations, nous avons privilégié le capital de l’entreprise : nos outils, dont certains datent du 18e siècle. Leur utilisation m’a donné les moyens d’exercer mon métier, particulièrement en restauration d’orfèvrerie ancienne » confie-t-il.

Samovar-SPHERES Marischael
Crédit photo : Felipe Ribon

C’est désormais sous les voutes du Viaduc des Arts, nouvelle et prestigieuse vitrine de l’artisanat, des métiers d’art et du design français, que l’orfèvre continue d’écrire l’histoire de la Maison familiale. Il perpétue la fabrication, ainsi que la restauration de pièces d’exception, notamment pour les musées et les collectionneurs ou encore en se dotant d’une nouvelle spécialité, l’expertise.

Membre de la Chambre Syndicale des Experts Spécialisés depuis 2004, l’orfèvre parisien est régulièrement sollicité par de grandes Maisons de ventes aux enchères françaises et internationales, ainsi que par des particuliers. Nouvelle consécration, en 2011, l’entreprise reçoit le label Entreprise du patrimoine vivant (EPV).

Une nouvelle vision de l’orfèvrerie contemporaine

Avec pour matériau de prédilection l’argent massif, grâce à une technique hors-pair, Nicolas Marischael s’est affranchi des codes stylistiques traditionnels pour composer ses propres pièces. Passionné d’architecture et de design, le créateur offre à l’orfèvrerie un souffle nouveau en imaginant des pièces résolument contemporaines.

Bousculant les arts de l’orfèvrerie et de la table, Nicolas revisite les grands classiques avec « T-time », une théière en argent massif sans poignée et aux lignes épurées, née de la collaboration de l’orfèvre et des designers de « Noir Vif ». Il s’associe ensuite avec le designer Felipe Ribon pour concevoir Osmos, un diffuseur de parfum en argent massif présenté dans le cadre de l’exposition « Mutations » au musée des Arts Décoratifs de Paris. Le duo recevra le Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main en 2015. Pour aboutir à ces audacieuses créations contemporaines, Nicolas Marischael ne s’interdit rien et s’amuse à faire dialoguer le savoir-faire ancestral de l’orfèvrerie, l’œil visionnaire du designer et l’innovation technologique.

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