Odile Casset de La Chesneraie, de Lapparra
Crédit photo : Brainsonic
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Odile Casset de La Chesneraie, chez Lapparra

Portrait d’une designer devenue orfèvre

L’Orfèvre Lapparra, Maison fondée en 1893, compte une nouvelle bienfaitrice depuis 2014 : Odile Casset de La Chesneraie. Cette hyper active a décidé de reprendre la Maison d’orfèvrerie plus que centenaire. Depuis, elle gère d’une main de maître la production, la création, l’administration et la communication. Portrait d’une femme enthousiaste, décalée, et qui ose.

Diplômée de l’École des Beaux-Arts, Odile Casset de La Chesneraie a eu plusieurs vies artistiques. Elle a collaboré avec la haute-couture (Hermès, Louis Féraud et Dior) et le théâtre du Châtelet. Pour eux, elle crée décors, costumes et chapeaux avant de se rapprocher de l’Art de la Table. Désormais, c’est sous les ors de l’hôtel particulier de Lapparra, situé dans le quartier du Marais à Paris, qu’elle laisse exprimer sa créativité.

La partie créative, c’est elle.

Quand elle crée, elle ne peut qu’approcher son sujet par le volume. « J’ai toujours aimé le volume, sculpter, donner des formes aux objets. J’aime travailler en trois dimensions et le dessin ne me suffit pas à « poser » une idée (…) Quand j’imagine des couverts ou certains objets pour Lapparra, je les façonne avec de la cire ou j’utilise aussi de la pâte à papier, qui a la propriété de devenir très solide quand on la travaille longuement. »

L’artisanat à tout prix

Alors qu’elle reprend l’atelier, elle n’est pas orfèvre mais décide d’apprendre et vite. « Je me suis tout de suite entendue avec l’équipe de l’atelier ; j’ai embauché les artisans qui nous manquaient, comme les polisseurs, de nouveaux apprentis, dont certains viennent de l’École Boule ». Et pour faire perdurer un savoir-faire unique et rare, hors de question d’industrialiser. « Je favorise le transfert de compétences dans la mesure ou certains artisans ont 30 ans d’expérience. J’ai aussi fait agrandir l’atelier ».

Crédit photo : Maison Lapparra - Scoopdyga

Le « Made in France » en édition très limitée

Il faut savoir que chez Lapparra, société labellisée EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant), 98 % des objets sont fabriqués en France, et que chaque modèle est fabriqué en 10 exemplaires uniquement. Des modèles sur lesquels elle a la main : « Le style des objets Lapparra est très classique, voire « rococo », et moi je viens d’un art déstructuré, alors il fallait que je trouve le moyen de joindre ces opposés sans altérer l’identité de la Maison ».

Secrets de famille

La solution, elle va la trouver dans la cave de l’hôtel, et plus précisément en consultant les archives qui y sont conservées depuis plusieurs dizaines d’années.
« À la lecture des archives, j’apprends qu’en 1893, les objets Lapparra étaient avant-gardistes ; ça a été un choc pour moi (…) Aujourd’hui, je m’identifie complètement à cette personne qui voulait faire évoluer le style de son époque, tout comme je cherche à le faire aujourd’hui ».

Crédit photo : Maison Lapparra

Pour un quotidien raffiné, mais pas compliqué

Cette histoire, elle la raconte surtout en ancrant les objets Lapparra dans le quotidien de tous. « J’ai des enfants assez jeunes, je reçois beaucoup et j’aime me servir de mon argenterie et vivre un quotidien raffiné, à chaque moment de la journée (…) Je considère que les beaux objets et le luxe peuvent faire partie de notre vie sans pour autant être inaccessibles ou inutilisables. J’adore les grand-mères mais je veux aussi travailler avec des jeunes qui n’ont pas besoin de ménagères à 64 pièces » (rires).

Baguettes chinoises, dauphins et papier

Dans cette veine, la créatrice imagine des baguettes chinoises mais aussi des kits de rasage pour les hommes avec des dauphins en guise de manches à rasoirs. « J’aime casser les codes, aller très loin. J’ai aussi imaginé des objets en pâte à papier avec des anses en bronze et je travaille avec d’autres artistes, dont des graffeurs ».

Pluridisciplinaire et pleine d’idées, elle travaille aussi sur le contenant, avec un récipient pour boire sa tisane le soir, ainsi qu’une carafe de nuit. « On a imaginé un modèle habillé d’un grillage en bronze qui irait au four à micro-ondes (…) Pour moi, le quotidien doit être toujours beau et raffiné. »

Quand le cadre se prête à la création

Pour apporter une modernité au grand orfèvre spécialiste de l’argenterie, des plus grands joailliers de la place Vendôme et des têtes couronnées du monde entier, elle s’appuie également sur un cadre unique et hors du temps. « Il y a 450 mètres carrés répartis sur 2 étages ; des miroirs Lalique un peu partout, des monte-charges soutenus par des ficelles, de vastes bureaux avec des verrières, une grande mezzanine, une galerie au rez-de-chaussée, et l’atelier de fabrication au premier étage (…) Ce cadre se prête totalement à la création ».

Les portes sont même ouvertes aux amoureux d’Art et d’Histoire et aux artistes, ainsi qu’aux nouveaux talents qui souhaitent exposer leurs œuvres.

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