Pascal d'Halluin, Gien France
Crédit photo : Gien France
Rencontre Avec

Pascal d'Halluin

Co-propriétaire de la Faïencerie de Gien

« Emblématique » est presque insuffisant quand on parle de la Faïencerie de Gien tant elle fait, de par son histoire très ancienne, partie intégrante du patrimoine français. Alors pour continuer à faire vivre l’âme de l’une des premières faïenceries du 19ème siècle installée dans la ville éponyme du Loiret, il fallait bien un homme tel que Pascal d’Halluin. Rencontre avec ce redresseur de marque qui a su, par amour pour la faïencerie française et les hommes qui la façonnent, replacer la marque Gien sur le devant de la scène, au cœur des tendances et sur fond de « Made In France ». 

On le surnomme le « redresseur de marques » tant il a su, à travers son parcours professionnel raviver des marques renommées, comme Lee Cooper, Lacoste ou encore Biotherm.

Son secret pour réussir : la foi, mais pas en n’importe qui ou en n’importe quoi. « L’amour et le respect du client, mais aussi celui du travail bien fait sont pour moi au cœur de la réussite d’une marque. C’est un contrat de confiance. Vous savez, depuis toujours, ce sont les hommes qui font la marque et non l’inverse ». Et comme dit François Michelin : « le patron, c’est le client ».

Une belle endormie qui ne demandait qu’à être réveillée

C’est sur la base de ces valeurs qu’il reprend il y a quelques années, aux côtés d’Yves de Talhouët, second propriétaire de la marque, la Faïencerie de Gien. Agée de 196 ans, elle est fière et droite. Elle avait juste besoin, semble-t-il, de nouveaux maîtres pour l’aider à dévoiler au grand jour son art, son potentiel et ses couleurs.

« J’avais envie depuis très longtemps de trouver une belle endormie à réveiller. La dimension et le savoir-faire français étaient là, de même que l’ouverture à l’international. Tout cela m’a convaincu ». 

Crédit photo : Gien France

Par amour pour la marque Gien… et ses hommes

Alors qu’il visite la manufacture pour la toute première fois, il pressent qu’une nouvelle histoire peut s’écrire. « Lors de cette visite, j’ai immédiatement perçu cette passion des collaborateurs pour leur métier et leur amour pour la marque qu’ils font vivre. D’ailleurs les visiteurs ont souvent cette impression là aussi. Nous avions là tous les ingrédients pour continuer à raconter une belle histoire : la volonté des hommes conjuguée à leur savoir-faire ». 

Pour remplir les pages blanches de ce nouveau livre, Pascal d’Halluin s’appuie avant tout sur l’humain. « Les équipes doivent être soudées, solidaires et surtout partager une vision commune. Pour arriver à cela il faut créer un environnement de confiance (…) Cela est possible si le patron incarne lui-même les valeurs qu’il fait porter à son entreprise ».

Pascal d'Halluin, Gien France
Crédit photo : Gien France

Des assiettes qui parlent …

Comme beaucoup de marques emblématiques françaises, la création et l’innovation sont au cœur de son positionnement stratégique. Cela devient même une priorité pour Pascal d’Halluin. « Nous avons travaillé avec de nombreux artistes, comme par exemple le créateur et illustrateur Cyril Destrade, qui a dessiné pour nous la collection « Jardins Extraordinaires » (…)

Le fameux « mix and match » trouve aussi tout à fait sa place sur les présentoirs de boutiques de la marque bicentenaire, aux côtés des « biscuits », ces faïences sans émaillage dont les clients raffolent. « Ces objets sont uniquement moulés et cuits. L’absence d’émaillage les rend poreux et donc inutilisables. Cette faïence brute travaillée s’appelle le « biscuit » et les clients l’apprécie pour sa texture mate et son blanc à la fois cassé et pur ». Il y a aussi des assiettes que l’on peut personnaliser pour les grands événements, ou encore celles qui parlent. Aussi appelées « assiettes rébus », elles recouvrent les pans de mur des boutiques de la marque.

La tendance, c’est bien, mais pas sans le patrimoine

Au-delà de la belle vaisselle, la marque Gien c’est aussi 200 ans de dessins que Pascal d’Halluin souhaite utiliser pour les objets de décoration. « Pour fabriquer des lampes, nous imaginons des abat-jours à partir d’une coupe dont on a percé le centre. Nous réalisons également les carreaux du métro parisien ».

Pour lui, la tendance, c’est bien, mais pas sans le patrimoine. « Il est nécessaire de rattacher la marque à son patrimoine. Si on ne fait que de la tendance, les gens perdent leurs repères ; et nos produits, alors sans racines, deviennent éphémères, et nos clients … volatiles ».

Mais Pascal d’Halluin gère tout cela à l’équilibre. « Notre manufacture est totalement intégrée. Nous faisons nous-mêmes nos pâtes, nos moules, nos couleurs, nos émaux. Même la terre est française », sourit-il.

Vous l’aurez compris, si la marque Gien détient l’Art de la Faïence à la française, elle maîtrise aussi celui, plus subtile, de continuer à nous surprendre !

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