Art Déco par Haviland
Crédit photo : Haviland
Savoir-Faire

La Porcelaine de Limoges

Trois siècles de savoir-faire et d’excellence

Capitale mondiale de la porcelaine, Limoges produit depuis le XVIIIe siècle une porcelaine d’exception à la finesse et à la transparence inégalées. Fleurons du « luxe à la française », les grands noms de la porcelaine limousine ont su depuis trois siècles conjuguer savoir-faire et innovation.

Turgot, ministre d’État et intendant du Limousin de 1761 à 1774. Crédit photo : DR

C’est la découverte de gisements de kaolin à Saint-Yrieix-la-Perche en 1765 qui décidera de la fabuleuse destinée de la porcelaine de Limoges. Si les secrets de fabrication de la porcelaine chinoise sont connus, la matière première que constitue le kaolin manque encore en France.

A la présence de cet or blanc d’extrême qualité, qui donnera à la porcelaine de Limoges sa blancheur translucide et sa dureté, s’ajoute également l’abondance de bois pour la cuisson, des cours d’eau qui peuvent alimenter les moulins ou encore d’une main-d’œuvre qualifiée et habile. Ainsi, les premières manufactures de porcelaine ne tardent pas à voir le jour en Limousin.

Sous l’impulsion de Turgot qui y voit l’opportunité de relancer l’économie de la région, l’intendant du Limousin favorise la création et le développement d’industries. La première manufacture est créée en 1771, avant d’être placée sous la protection du comte d’Artois, frère du roi Louis XVI et futur Charles X, puis de devenir Manufacture Royale.

Deshoulières
Crédit photo : Deshoulières

De l’artisanat à l’industrialisation

Au cours du XIXe siècle, les manufactures se multiplient dans la campagne environnante de Limoges et la porcelaine amorce un virage décisif en modernisant ses procédés de fabrication. Bousculée par les progrès permis par la révolution industrielle mais également par un certain David Haviland, une nouvelle ère s’annonce. Arrivé à Limoges en 1844, le négociant et importateur américain de porcelaine David Haviland lance sa propre manufacture dans laquelle il fera installer le premier four à porcelaine capable de cuire plus de 2 000 assiettes. Il inaugure ainsi les premiers pas de l’industrialisation limougeaude. Son fils Charles adopte dès 1884 la technique de la chromolithographie pour la décoration de la porcelaine, une technique révolutionnaire qui permet d’abaisser les prix et créer des décors inédits.

De la préparation de la pâte au décor en passant par la cuisson, chaque étape bénéficie de progrès techniques considérables avec pour résultats une augmentation conséquente de la production pour l’ensemble des porcelainiers de Limoges. De nouveaux marchés s’ouvrent à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Allemagne où l’on ne jure que par la qualité et la finesse de la porcelaine française.

L’âge d’or des expositions universelles

Les expositions universelles qui se succèdent à Londres, Paris, Vienne, Philadelphie ou Chicago à partir de la seconde moitié du XIXe siècle jouent un rôle majeur pour les porcelainiers. Vitrine du savoir-faire des manufactures françaises, les expositions universelles garantissent aux porcelainiers primés une reconnaissance internationale jusqu’ici inédite. En 1925, l’Exposition internationale des arts décoratifs confère à Limoges le titre prestigieux de « capitale internationale de la porcelaine ».

XXe siècle, la porcelaine de Limoges au cœur de la création

Les nombreuses crises politiques, sociales et financières qui affectent la première moitié du XXe siècle en France impactent sévèrement l’industrie porcelainière limousine. En dépit des difficultés, les porcelainiers ne cessent d’innover et initient des collaborations avec des artistes de renom. Le marchand d’art et collectionneur Siegfried Bing s’associe notamment avec la manufacture Gérard-Dufraissex-Abbot (G.D.A) afin de confier des décors à des artistes tels qu’Edward Colonna, Georges de Feure et Paul Jouve, introduisant ainsi l’Art nouveau dans la porcelaine de Limoges. D’autres manufactures leur emboiteront le pas, comme Théodore Haviland avec Jean Dufy ou Bernardaud avec Van Dongen.

La porcelaine entre ainsi dans la grande famille des arts décoratifs, les formes se modernisent et les grands artistes s’intéressent de plus en plus à la céramique, Jean Lurçat et Picart-Ledoux pour Haviland, Jean Cocteau et Salvador Dali pour Raynaud. Jamais la porcelaine de Limoges – que l’on trouve à la table des chefs d’Etats comme des têtes couronnées – n’a atteint un tel niveau de perfection et de modernité.

Tasses historiques de Bernardaud
Crédit photo : Bernardaud
Non sans raison
Crédit photo : Non sans raison

Arts de la table et design

Héritiers d’un savoir-faire ancestral, de nouvelles générations de porcelainiers réinventent aujourd’hui la porcelaine de Limoges à grand renfort d’audace et de créativité. Porcelainiers et artistes travaillent ensemble à élargir le champ des possibles, faisant flirter la porcelaine avec le design. Autrefois vaisselle, la porcelaine devient lumière, bijou ou œuvre d’art, à l’image des Wall Plates de la maison Non Sans Raison, des bijoux signés Bernardaud ou des photophores édités par Haviland. A l’heure où la porcelaine de Limoges est protégée par une indication géographique protégée (IGP), les porcelainiers installés en Haute-Vienne revendiquent une approche unique de la porcelaine de Limoges, afin de concevoir un nouvel art de vivre bien ancré dans le 21 siècle.

 

XXe siècle, la porcelaine de Limoges au cœur de la création

Les nombreuses crises politiques, sociales et financières qui affectent la première moitié du XXe siècle en France impactent sévèrement l’industrie porcelainière limousine. En dépit des difficultés, les porcelainiers ne cessent d’innover et initient des collaborations avec des artistes de renom. Le marchand d’art et collectionneur Siegfried Bing s’associe notamment avec la manufacture Gérard-Dufraissex-Abbot (G.D.A) afin de confier des décors à des artistes tels qu’Edward Colonna, Georges de Feure et Paul Jouve, introduisant ainsi l’Art nouveau dans la porcelaine de Limoges. D’autres manufactures leur emboiteront le pas, comme Théodore Haviland avec Jean Dufy ou Bernardaud avec Van Dongen.

La porcelaine entre ainsi dans la grande famille des arts décoratifs, les formes se modernisent et les grands artistes s’intéressent de plus en plus à la céramique, Jean Lurçat et Picart-Ledoux pour Haviland, Jean Cocteau et Salvador Dali pour Raynaud. Jamais la porcelaine de Limoges – que l’on trouve à la table des chefs d’Etats comme des têtes couronnées – n’a atteint un tel niveau de perfection et de modernité.

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