Nature morte au buste de l'Amérique, de Jean-Baptiste Oudry
Crédit photo : Château de Versailles
Savoir-Faire

L’Europe à la table des rois

Aux origines des traditions culinaires européennes communes.

Quels mets étaient servis à la table de Louis XV ? A quoi ressemblait la table de Napoléon ou de l’impératrice Sissi ? Quels décors ornaient la table des rois de Prusse ? Le château de Versailles, en partenariat avec 19 résidences royales situées dans 11 pays de l’Union Européenne, ont répondu à ces questions. L’objectif : inviter les Européens à découvrir ce qui les unit.

Ouvrir les salles à manger des rois et autre têtes couronnées d’Europe, une façon judicieuse de créer cultiver des liens au-delà des frontières nationales et de créer des ponts entre les cultures. C’est dans ce cadre que le château de Versailles a développé une exposition virtuelle À la table des rois, basée sur les peintures et photos issues de 13 résidences royales, et regroupées sur la plateforme Google Art et Culture.

Elisabeth Caude, conservateur en chef au château de Versailles, explique ainsi l’intention de cette exposition inédite : « Chaque pays faisant partie de l’Association des résidences royales européennes (ARRE) avait pour ambition d’évoquer ses spécificités. Il nous a paru intéressant que chacun d’entre eux sélectionne deux œuvres majeures de leurs collections, qu’il s’agisse de peintures, d’objets d’art ou de documents qui mettent en valeur à la fois la richesse et la diversité de ce patrimoine. »

Détail de la Nature morte au buste de l'Amérique, Jean-Baptiste Oudry
Crédit photo : Château de Versailles (détail).

L’Amérique, invité de choix à la table de Louis XV

La nature morte du peintre français Jean-Baptiste Oudry, surtout connu pour ses illustrations des Fables de Lafontaine, peinte en 1722, nous emmène à la table de Louis XV, dont il était contemporain.

Le buste de l’Amérique, placé au centre de la table, évoque les nouveaux aliments, fruits et légumes, venus du « Nouveau Monde » et qu’on retrouvait à la table du roi, et plus particulièrement un banquet de chasse (voir ci-dessous). Ainsi, caféiers et figues côtoient des mets et une mise en scène plus traditionnels : le panier d’osier contenant des pêches, le melon dont le quartier a été tranché, la coupe à pied en argent avec ses carafes et ses verres, le raisin ainsi que le pâté en croûte entamé.

L’exposition montre d’autres natures mortes aux détails fournis et issues, des collections du Château Royal de Varsovie ou encore, entre autres, du Palais de Caserte, résidence de la famille des Bourbons de Naples.

Château de Versailles
Crédit photo : Château de Versailles
Menu du roi, Château de Versailles
Crédit photo : Château de Versailles

La table du roi par le menu

Voici la couverture des « menus de Choisy », daté de 1751 et conservé au Château de Versailles. Il permet de connaître par le détail les menus des repas qui étaient servis à la table du roi entre 1744 et 1759. Un document qui permet de savoir que le service était « à la française », c’est-à-dire composé de trois à cinq services au cours desquels étaient présentées à chaque fois plusieurs dizaines de plats différents. Pour Elisabeth Caude, conservateur en chef au château de Versailles, « la gastronomie à la Cour relevait d’une alimentation très riche et variée. Les viandes sont souvent des viandes de gibier, produits de la chasse, mais aussi beaucoup de volailles. On y découvre aussi des plats moins consommés de nos jours, ris de veau, ris d’agneau, rognons, cervelas… Enfin, écrevisses et huîtres reviennent fréquemment ».

Pour elle, « l’art de vivre à la française formait un tout : élégance des convives, raffinement des mets, qualité de la table et subtilité des propos ».

Palais de Compiègne
Crédit photo : Palais de Compiègne

La table, signe distinctif de chaque résidence royale

Le dressage de la table rend compte de la disparité culturelle des différentes résidences royales européennes, aux étiquettes si différentes. Repas au Grand couvert ou de grand cérémonial, soupers intimes, « Médianos » et collations, à la Cour ou dans les pavillons de chasse : ainsi, l’heure et l’occasion, le type de repas et la qualité des convives déterminent le plan de table.

A la table de Napoléon 1er

Au Palais de Compiègne, dans l’ancienne salle du Grand Couvert, Napoléon Ier décida de conserver les décors du XVIIIème siècle, notamment les grisailles en trompe-l’œil, réalisées par Piat Joseph Sauvage et évoquant les plaisirs de la table. Il fit changer le mobilier pour qu’il soit plus sobre et fonctionnel, et que la configuration de la pièce puisse être facilement modifiable. Sur la photo, le service dressé date du Second Empire, indissociable du Palais de Compiègne. En effet, Napoléon III appréciait particulièrement le lieu.

En pratique :

Expositions, ateliers pédagogiques, workshops et séminaires, reconstitutions et spectacles, débats et dégustations… Du Portugal à la Pologne, de l’Italie au Danemark, de nombreux événements sont organisés dans toute l’Europe sur le thème de la gastronomie et des traditions culinaires comme patrimoine culturel.

Pour en savoir plus, l’Association des Résidences royales européennes a créé un site web dédié sur lequel toutes les informations pratiques sont rassemblées : www.europeanroyalresidences.eu

Enfin, sur les réseaux sociaux, les visiteurs sont invités à partager leurs impressions et leurs plus belles photos, avec les mots-clés #EuropeanRoyalPalaces et #PalaceDay.

Le vin à l’honneur

Le 28, 29 et 30 septembre, le thème du vin dans les cours d’Europe avec le concours d’historiens, d’oenologues et de sommeliers sera mis à l’honneur. A Versailles, découvertes olfactives et sensorielles avec des sommeliers professionnels permettront aux visiteurs de découvrir les vins servis à la cour de France.

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